Burn-out : les chiffres inquiétants

Evaluations chiffrées du burn-out



Stress, anxiété, burn-out... combien de Français touchés ?

Il n’existe pas d’échelle officielle pour mesurer le burn-out chez les salariés et la difficulté à définir avec précision les limites du burnout et ce que couvre ce terme rend cette mesure difficile. Mais certaines études permettent de dessiner un bilan chiffré.

Une étude du cabinet de prévention des risques professionnel Technologia en 2014 révèle un chiffre inquiétant : 3,2 millions d’employés, c’est-à-dire 12% de la population active française et européenne, présenteraient un risque de burn-out élevé [1].

Ainsi, selon l’Institut de veille sanitaire, 480 000 personnes en France seraient en détresse psychologique au travail et le burn-out en concernerait 7%, soit 30 000 personnes. [2]


Nous ne sommes pas tous égaux devant le stress : selon une étude menée à l’aide de l'échelle de Mesure du Stress Psychologique (MSP) qui distingue trois niveaux de stress au travail : peu de stress, stress moyen, et hyperstress, un cabinet expert en santé psychologique[3] déclare que 51% des salariés français reconnaissent avoir peu de stress au travail, alors que dans le même temps, 24% des salariés sont dans un état d’hyperstress, c’est-à-dire à un niveau de stress trop élevé, donc à risque pour leur santé.


Femmes/Hommes face au stress

Les femmes sont plus sensibles à l'hyperstress 28% alors que les hommes sont 20% à en souffrir.










L’âge influe aussi, les 40-50ans (27%) et les plus de 50 ans (26%) sont plus sujet à l’hyperstress que les moins de 30 ans (20%).

L’hyper stress touche de manière égale cadres 24% et non cadres 23%), il en est de même pour avoir ou ne pas exercer de responsabilités d’encadrement.


Quels secteurs sont touchés par le burn-out ?

Les taux d’hyperstress touche plus certains secteurs : « la santé humaine et des actions sociales » 42%, des « arts, spectacles et activités récréatives » 31%, des « services » 29% et des « activités financières et d’assurance 28%.

En revanche, d’autres secteurs souffrent moins de l’hyperstress : « transports et entreposage » 20%, « commerce », « la production et distribution d’eau, assainissement, gestion des déchets et dépollution » et de « l’industrie manufacturière » qui sont à 21%.



Qui déclare avoir été victime d’un burn-out ?

"18% des salariés ont déclaré avoir souffert d’un burn-out, 22% en ont été témoins dans leur entreprise et 44% n’y ont jamais été confrontés directement.[4]

12% dirigeants d’entreprise et 21% des indépendants sont passés par la case burn-out. 10% des dirigeants en ont été témoins dans leur entreprise et 69% n’y ont jamais été confrontés [5]

Chiffrer le coût du burn-out

10 000 affections psychiques reconnues en accident du travail chaque année ; dont 600 au titre des maladies professionnelles . Ces dernières ont été multiplié par 7 en cinq ans. Et les durées d’arrêt durent presque deux fois plus que la moyenne. Il semble cependant que les chiffres soient sous-estimés.[6]

Une étude réalisée en France estime que le coût direct et indirect du stress peut être évalué entre 830 000 000 € et 1 656 000 000 € par an, ce qui équivaut à 10 à 20 % du budget de la branche accidents du travail / maladies professionnelles de la Sécurité sociale.

En parallèle, une autre étude menée par l’INRS et l’école Arts et Métiers ParisTech évalue, probablement de manière plus globale, le coût social du stress (dépenses de soins, celles liées à l’absentéisme, aux cessations d’activité et aux décès prématurés) a été estimé en 2007 entre 2 et 3 milliards d’euros, soit 4% des dépenses de l’assurance maladie des remboursements.[7]

Crise sanitaire et burn-out

Bien sûr , tous ces chiffres datent d'avant la pandémie et la crise sanitaire.

Même si la détresse psychologique des salariés a diminué par rapport au printemps 2021, elle reste "à des niveaux préoccupants", [8] au mois octobre 2021 . Désormais, 38% des salariés sont en "détresse psychologique", soit un recul de six points par rapport à l'étude précédente (44%), réalisée au printemps dernier.

Mais le nombre de cas de burn-out sévère a augmenté de 25% par rapport à mai 2021,à cause de la perte de repère, du télétravail (difficulté à différencier vie personnelle et professionnelle, amplitude horaire) et 18% des managers sont en burn-out sévère.


Même s’il semble que le retour au bureau améliore la situation, restons vigilant à notre santé mentale et à celle de nos voisins, amis, collègues…

[1] Technologia « le syndrome d’épuisement, une maladie professionnelle » Paris, 2014 (www.technologia.fr/blog/wp-content/uploads/2014/04/BurnOutVersiondef.pdf)

[2] Khireddine I, Lemaître A, Homère J, Plaine J, Garras L, Riol Mc, et al (Groupe MCP 2012). « La souffrance psychique en lien avec le travail chez les salariés actifs en France entre 2007 et 2012, à partir du programme MCP ». Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire 2015 ;(23) :431-8

[3] https://www.stimulus-conseil.com/wp-content/uploads/2017/12/Communique%CC%81-Observatoire-Stress-novembre-2017.pdf

[4] https://www.institut-viavoice.com/

[5]https://www.capital.fr/votre-carriere/25-chiffres-etonnants-sur-la-sante-au-travail-1295122

[6]https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-liees-au-travail/souffrance-psychique-et-epuisement-professionnel/donnees/#tabs

[7]https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-liees-au-travail/souffrance-psychique-et-epuisement-professionnel/donnees/#tabs

[8] https://www.capital.fr/votre-carriere/crise-teletravail-le-nombre-de-burn-out-severes-continue-dexploser-1417697

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