Burn-out : indicateurs, symptômes et facteurs de risque



Burn-out : Le syndrome d’épuisement professionnel et ses manifestations


La définition de ce syndrome est un état d’épuisement professionnel émotionnel, physique et psychique ressenti à la suite d’une exposition à un stress chronique de l’investissement trop important dans des situations de travail exigeantes émotionnellement.

Vous pouvez en relire une petite entrée en matière lors d’un blog précèdent.




Comment arrive le burn-out ?


Ce sont les personnes les plus engagées voire trop engagées dans leur travail !!


Les 4 phases du processus de l'épuisement professionnel :

  1. Engagement => Pendant cette première phase, la personne prend plaisir dans son travail, pour lequel elle s’enthousiasme et qui est source de satisfaction.

  2. Sur-engagement=> Cette phase constitue le premier symptôme de burn-out. Le plaisir et l’enthousiasme de la première phase sont encore là mais le travail envahi toutes les sphères de la vie du salarié.

  3. Résistance => La phase précédent se change en acharnement frénétique. La personne refuse de plus en plus son surmenage et sa surcharge. Sans aide extérieure, La personne est devenue incapable de de voir ce qui se passe et de prendre l’initiative de tout stopper.

  4. Effondrement => Dans cette phase, la personne a perdu sa capacité d’initiative. On assiste à un effondrement total qui affecte toutes les dimensions de la personne : psychique, émotionnelle et physique.




Les 3 indicateurs qui constituent e burn-out :


• l’épuisement émotionnel, psychique et physique :


Le premier indicateur et souvent le plus important est l’épuisement émotionnel, psychique et physique qui donne le sentiment d’être totalement vidé de toutes ses ressources , d’être incapable de continuer.

Cette fatigue extrême est due à une exposition continue à des facteurs de risque liés au travail importants comme des conditions très exigeantes, par exemple des responsabilités importantes mais sans moyens pour y faire face, des objectifs irréalistes….

A ce stade, les temps de repos et de coupure sommeil, week-end, congés, ne suffisent plus à atténuer cette fatigue qui devient alors chronique.


• La dépersonnalisation ou le cynisme :


La personne devient insensible au reste du monde, elle devient négative et dure vis-à-vis de son travail, des collègues, des clients ou des patients.

Cette dépersonnalisation ou déshumanisation met une barrière entre lui et les autres. Cela lui permet de se protéger émotionnellement des difficultés émotionnelles difficiles à vivre pour lui.

C’est ainsi que nous pouvons voir des soignants, vivant des conflits de valeur entre leur conception du soin et ce qu’ils ont la possibilité de faire s’adapter face à ces exigences émotionnelles auxquelles ils ne peuvent pas faire face en dépersonnalisant leurs patients.

Petit à petit, la personne va se désengager de son travail, de sa structure, elle va réduire son engagement. Elle aura une vision péjorative et cynique de son entourage de travail, souvent en rejetant la responsabilité sur le client, le patient….


• La perte du sentiment d’accomplissement personnel au travail :


Pour ce troisième indicateur, la personne à le sentiment de ne pas parvenir à répondre correctement à ce que l’on attend d’elle, elle va douter de ses résultats, elle aura un sentiment de gâchis important. Elle va se dévaloriser et dévaloriser son travail, elle aura le sentiment de ne pas être à la hauteur.

Malgré tous ses efforts, le travailleur se sent dans une impasse.


Symptômes du burn-out :




Manifestations physiques du burn-out :

Troubles du sommeil :
  • Insomnies de milieu ou de fin de nuit,

  • Difficultés d'endormissement...

Problèmes dermatologiques
  • Allergies,

  • Psoriasis,

  • Démangeaisons...

Douleurs diffuses :
  • Lombalgies,

  • Cervicalgies,

  • Tendinites au coude ou à l'épaule,

  • Céphalées,

  • Migraines,

  • Malaises ou vertiges...

Troubles digestifs
  • Maux de ventre

  • Perturbation du transit

  • Perte d'appétit

  • Perte ou prise de poids

Manifestation psychiques :

  • Sensation de vide émotionnel,

  • Anxiété, agressivité, intolérance à la frustration,

  • Irritabilité,

  • Tendance à s’isoler,

  • Difficultés de concentration,

  • Sentiment d’être dépassé, difficulté à prendre des décisions, erreurs, oublis à répétition, …

  • Démotivation,

  • Indifférence,

  • Isolement social et émotionnel...

  • Addictions diverses : tabac, alcool; cannabis...


Attention à ne pas confondre :


Stress au travail/ Syndrome d’épuisement professionnel


Passager ou chronique, le stress au travail est le résultat d’un antagonisme entre les contraintes du travail et les ressources pour y faire face, mais sans conflit de valeur et sans difficulté à faire face aux règles du métier.

Il peut être passager ou chronique et toucher tout le monde alors que le burn-out touche plutôt les personnes pour qui le travail est primordial, pour qui cela représente une valeur.

Contrairement au syndrome d’épuisement professionnel, le stress ne remet pas en cause le sens même du travail et il n’engendre pas de cynisme ou d’indifférence envers les autres, le sens du travail n’est pas forcément remis en cause.


Fatigue chronique / Syndrome d’épuisement professionnel


Alors que le burn-out est uniquement relié au travail, la fatigue chronique n’est pas forcément liée à celui-ci. De plus, elle n’entraine pas de cynisme ou dépersonnalisation et ne cause pas de perte d’estime de soi.

La dépression / Syndrome d’épuisement professionnel


D’autres symptômes et des variations d’humeur caractérisent la dépression et celle-ci impacte tous les domaines de la vie de la personne et pas uniquement le travail comme le burn-out.

Attention, le burnout peut se transformer en dépression.


L’addiction au travail / Syndrome d’épuisement professionnel


Ces personnes « addicts » au travail ne savent pas se désengager de leur travail et ils un travaillent plus que ce qui leur est demandé et leur vie privée s’en trouve impactée. Attention, cette addiction peut conduire au burnout car l’implication excessive dans le travail peut épuiser les ressources personnelles.

Mais le burn-out n’est pas toujours la conséquence d’une addiction au travail,

Les personnes touchées par le burn-out mettent un grand sens à leur métier et leur travail plutôt que de rencontrer des difficultés à se distancier de leur travail.


Facteurs de risque du burn-out :


Les exigences au travail lui-même : intensité et temps de travail

Le caractère exigeant du travail peut être quantitatif :

  • Contraintes de temps,

  • Quantité de travail ...

Mais aussi à qualitatif :

  • Complexité plus ou moins maitrisée sans marge de manœuvre,

  • Objectifs mal définis ou trop importants,

  • Taches morcelées, interruptions incessantes, empêchement de finir correctement une tache,

  • Responsabilités mal définies, manque d’autonomie,

  • Demandes contradictoires, injonctions paradoxales, demandes du vite et bien ou du plus avec moins ….

De plus, la charge de travail qui apparait déterminante est réelle avec ce qui est concret, mais aussi subjective selon le vécu du travail de chacun.

Les exigences émotionnelles

Au niveau du public accueilli, clients ou patients : certaines relations peuvent s’avérer émotionnellement exigeantes pour le travailleur :

  • Être en contact avec la souffrance, maladie,

  • Devoir cacher sa souffrance, se retrouver avec des émotions contradictoires,

  • Recevoir les personnes mécontentes ou en détresse,

  • Subir la violence verbale ou physique,

  • Peur de l’accident, de l’erreur médicale, peur de l’échec

Les mauvais rapports sociaux et relations de travail

  • Au niveau des équipes et la hiérarchie et l’encadrement :

  • Les conflits interpersonnels, des conflits d’équipe,

  • L’absence de reconnaissance par les collègues ou l’encadrement,

Les difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle entraînent également des répercussions sur la santé des travailleurs.


Les conflits de valeur et la qualité empêchée

  • La perte du sens de ce que l’on fait , de son travail ou avoir l’impression de faire un travail inutile,

  • Avoir l’impression d’effectuer un travail inutile,

  • Ne pas pouvoir échanger sur le poste et le travail avec les collègues ou son encadrement

  • Être isolé et dans l’impossibilité de pouvoir s’exprimer dans un collectif et échanger sur les conflits de valeurs de son travail.

L’insécurité de la situation de travail

  • Insécurité liée à la peur de perdre son emploi,

  • Insécurité dans le versement des salaires,

  • Insécurité due à la précarité d’un contrat, etc.,

  • Peur de devoir faire face à des changements,

  • Risques liés à l’incertitude sur l’avenir de son métier,

  • Peur de devoir changer de poste ou de service sans le vouloir, vers un poste mal maitrisé etc.


Maslach Ch. et Leiter M. P., Burn-out. Le syndrome d’épuisement professionnel, Les Arènes, 2011, 270 p

https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/Exe_Burnout_21-05-2015_version_internet.pdf.

https://www.inrs.fr/risques/epuisement-burnout/ce-qu-il-faut-retenir.html

Le Collège d’expertise sur le suivi statistique des risques psychosociaux au travail https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_SRPST_definitif_rectifie_11_05_10.pdf


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