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7 conseils pour faire baisser la charge mentale :

Dernière mise à jour : nov. 19

Conséquence de ma formation et de mon expérience professionnelle , J'ai centré ce post autour des acteurs du soin Mais celui ci s'adresse à toutes et à tous (Eh oui, les hommes sont en train de rattraper les femmes) exposés à cette surcharge mentale qui nous guette.









Qui sont les soignants et acteurs du soin ?

Infirmiers, aides-soignants, ASH, médecins, dentistes, biologistes, psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes, orthophonistes, rééducateurs, AMP, manipulateurs radio, brancardiers, secrétaires, ostéopathes, thérapeutes divers (pardon à tous ceux que je ne cite pas !) ...

Ces professions sont extrêmement variées, avec des lieux et des modes de fonctionnement très différents, qui exercent en établissements de santé, dans le milieu médico-social ou social ou en tant que professionnels de ville,


L’exemple des infirmiers.

Quelques chiffres : 744 307 C'est le nombre d'infirmiers en poste au 1er janvier 2020.

Parmi eux, on compte 22 895 IDE (infirmiers diplômés d'Etat) puériculteurs, 11 210 infirmiers anesthésistes, 8 211 infirmiers de bloc opératoire et 5 796 infirmiers cadre de santé. Les infirmiers libéraux sont 130 000 et les personnels administratifs seraient 133 6000 selon les statistiques de l’INSEE en 2018 (1)

Le monde très féminin : 86% des postes infirmiers sont occupés par des femmes. (644 359 femmes et 99 948 hommes). Il y a eu peu d'évolution question parité puisqu'à titre de comparaison, les femmes représentaient 88% des effectifs d'infirmiers en 2010.

Et un dernier petit chiffre pour y voir bien clair : 45 ans. C'est l'âge moyen des infirmiers en activité au 1er janvier 2020. En 2010, l'âge moyen était de 40,3 ans. (2)


Je ne peux pas énumérer et éplucher toutes les statistiques de tous les corps de métiers et j’espère que vous m’excuserez.

Cependant, je pense ne pas faire d’erreur en avançant que les métiers du soin, comme tous ceux qui gravitent dans leurs sillages et que j’appelle « acteurs du soins » sont majoritairement féminin.

C’est là que nous arrivons à la charge mentale, connue par toutes les femmes, augmentée par la nature même des métiers du soin.


Qu'est-ce que la charge mentale ?


Vous avez l’impression de devoir penser à tout, tout le temps et pour tout le monde ? Vous n’arrêtez pas de la journée, vous accumulez les tâches comme une liste sans fin : Cela s’appelle la charge mentale et votre métier ne fait qu’accentuer les choses !

Cela se définit par le fait de penser en même à des choses appartenant à deux mondes séparés physiquement ; le travail et la maison. Être au boulot mais prévoir en même temps ce que vous allez faire en rentrant.

Vous devez gérer et manager la maison, la famille : prévoir les besoins, identifier les possibilités, prendre des décisions et vérifier que les choses soient faites et bien faites .

Donc vous vous décarcassez, jonglez, pensez et réglez tout pour tout le monde : le rendez-vous du médecin pour le petit dernier, celui de la voiture à faire réviser, les courses pour la semaine, et -au fait, faut-il autoriser cette sortie tardive pour l’ado de la famille et comment lui dire (de toute façon c’est vous qui allez lui dire …)


Pour le coup, tout roule et personne ne se rend compte du temps et de l’énergie que cela vous prend !! C’est d’autant plus frustrant !


Pour arranger le tout, dans notre société et dans le monde du travail actuel, hyperconnectés et instantanés, il est considéré comme normal de gérer plusieurs choses en même temps et dans l’instant, normal de ne jamais se déconnecter.


Pourquoi les soignants sont très impactés ?


Les acteurs du soins – et notamment les femmes, car comme nous l’avons dit plus haut une large majorité sont des femmes – sont confrontés à la difficulté qu’il y a à mener une vie de couple et de famille avec des horaires chargés.

Les contraintes de ces postes sont nombreuses car le suivi des patients se fait 24 heures sur 24 et 7jours sur 7 :

- Le travail du samedi et du dimanche,

- Le travail de nuit,

- Des horaires décalés :

o Vos amis ne savent jamais quand vous êtes libres ou quand vous travaillez...)

o Vous ne pouvez pas passer le week-end avec vos enfants et votre conjoint,

Vous avez la plus grande difficulté à trouver une nounou une crèche aux horaires

coïncidant avec les vôtres,

o Vous n’êtes pas là à la réunion de l’école -pourtant prévue à 18 heures pour les

parents qui travaillent-, (mine renfrognée de la maitresse ;) )

o Tout s’en mêle (ou s’emmêle) pour vous compliquer la tâche !!

- Les journées à rallonge qui peuvent monter à douze voire quinze heures de travail, pour les libéraux.

- De plus, si vous êtes cadre de santé, il faut ajouter les astreintes et les plannings et si vous êtes IDEL, les joies de la gestion d’entreprise…


Bien sûr, il a fallu rajouter à tout cela la crise sanitaire de la Covid 19, qui a rajouté un stress supplémentaire en augmentant le stress au boulot et en faisant craindre de contaminer les siens … Cela fera l’objet d’un autre article.


Et face à cette pression, nous ne sommes pas égaux, nous pouvons nous épuiser et craquer face à cette gestion trop lourde avec des conséquences sur notre vie professionnelle et personnelle : quand la charge mentale bascule dans le trop, la surcharge, c'est le burn-out qui nous guette.



Charge mentale et signaux d’alarme


La pression devient trop importante quand vous avez l’impression de manquer de temps, de devoir tout faire dans l'urgence, d’être toujours sur le fil ; donc vous ne pouvez jamais concrétiser d’autres projet et cela vous fait culpabiliser.

Vous avez la sensation d’être nulle et vous vous comparez aux autres qui y arrivent (du moins vous avez l’impression…). Tout cela engendre une sensation de ne pas être à la hauteur et génère un stress chronique.

Les signes qui doivent vous alerter sont essentiellement des troubles du sommeil, qui en s’installant causent des troubles de la concentration, de la fatigue et de fait aggravent encore plus vos difficultés

Vous avez l’impression d’avoir la tête pleine, vous êtes fatiguée, hyperémotive… La charge mentale peut générer de l’irritabilité, de la colère, des sautes d’humeur. Ces troubles de l’humeur vont aussi éloigner notre entourage et aggraver aussi les difficultés. En effet, votre couple et votre vie sociale peuvent être gravement impactés par cet énervement et épuisement permanent.



7 conseils pour alléger cette charge mentale :


1) Communiquer

La première des choses à faire est de parler, de communiquer. Ne gardez surtout pas cette difficulté pour vous, cela va vous ronger de plus belle !

La première chose à faire pour alléger la situation est de faire accepter à votre entourage la difficulté de votre profession. Expliquez les conditions et contraintes de votre travail, vous ne devez pas rester seule avec cette difficulté, cela concerne aussi votre conjoint, vos enfants, votre famille et vos amis.


Communiquez sur le sujet mais valorisez aussi votre travail : Vous êtes au service des autres, vous soignez des patients ! Vous n’avez jamais les mêmes horaires, donc vous échappez à la routine, vous travaillez le dimanche mais vos disponibilités sont différentes des autres, vous pouvez être libres en semaine, vous travaillez la nuit et vous êtes libre en journée … Vos contraintes sont aussi des atouts.

N’oubliez pas de vous le répéter à vous aussi ! Soyez convaincu de la valeur de votre boulot et de votre valeur , reprenez confiance en vous !


Ensuite n’oubliez pas que vous n’êtes pas isolé : vos collègues connaissent des difficultés assez similaires ; vous pouvez partager vos préoccupations avec eux. Chacun aura sans doute de bons conseils à échanger, tout en sachant ménager la vie privée et la vie professionnelle bien sûr !


2) Baisser son niveau d'exigence


Vous n’êtes pas parfaite et personne ne l’est, vous ne pouvez pas tout faire seule. La pression de la société nous fait croire que les femmes doivent tout gérer parfaitement : bonne mère, bonne épouse, bonne au travail… Faites moins en vous faisant moins de mal ! … Et puis arrêtez de vous comparer aux autres cela n’amène rien de constructif et puis comment savoir vraiment ce qui se passe chez les autres ?


3) Lâcher la pression en se changeant les idées


Prenez du temps pour vous, aller courir, se balader en marchant, nager à la piscine… Faites un « thé break » avec vos copines, faires du shopping, un bon repas avec vos amies qui font le même boulot pour pouvoir rire de tout ça … Tout cela vous permet de vous « changer les idées » !


4) Utilisez votre corps pour faire baisser la pression


Pratiquez un sport, cela va vous permettre de vous sentir physiquement mieux. En effet, durant un exercice physique, les endorphines sont libérées, hormones du bien-être qui va diminuer votre degré d'anxiété et apaiser votre sommeil.


Les étirements musculaires : La surcharge et les tensions se répercutent directement sur nos muscles, nouant ainsi des muscles au niveau du dos et du cou. Pour réduire cela, il est essentiel que vous fassiez des étirements, pour faire redescendre la pression de la journée.


Pratiquez l’automassage : L’automassage facial, des mains ou des pieds à des vertus relaxantes et aide à chasser toutes les tensions.


Vous pouvez aussi aider de votre corps à faire baisser la pression en respirant : De nombreux exercices de contrôle respiratoire et de posture peuvent vous aider.


Ecoutez des podcasts : Installez-vous confortablement et lâchez prise avec un podcast dans les oreilles. Ces enregistrements numériques peuvent contribuer à votre bien être quand ils parlent de votre développement personnel de la psychologie et des émotions.


La visualisation positive : Utiliser votre imagination peut vous aider à surmonter cette surcharge. Par exemple, imaginez une situation positive que vous avez vécue et rappelez-vous des émotions positives que cela vous a procuré.


5) Apprendre à déléguer (vraiment).


Pour vraiment supprimer la charge mentale, il faut "évacuer" le dossier. Ne plus y penser du tout. Ainsi, si vous déléguer, laissez la personne s’occuper de tout, du début à la fin, ne vous en mêlez pas… même si vous en mourrez d’envie.


Partagez les tâches avec votre conjoint (vraiment) : Comme vous ne lui demandez même pas, (il vous le dira « Fallait demander ! «) vous faites tout avant que l’idée lui vienne. Dressez une liste de ce que vous avez accompli comme tâche ménagère pendant les sept derniers jours, vous verrez ainsi la quantité de choses que vous faites.


Confiez des taches à votre moitié ou à vos enfants s’ils sont assez grands et laissez-les faire, jusqu’au bout. Même si les tasses ne sont pas rangées comme vous l’auriez souhaité !


Expliquez à votre conjoint que vous ne pouvez pas supporter cette pression seule. Confiez-lui donc l’organisation (le trajet, les horaires et même la serviette et le change) et le suivi – et le retour bien sur - des cours de surf du petit dernier par exemple ! Cela va créer en plus une complicité entre eux.


6) Prenez une pause pour faire le point


Quand on se sent débordée et envahie par le nombre de choses à faire, cela fait du bien de remettre les choses à leur place.

Cela va vous permettre de pouvoir réfléchir à une autre organisation, de peser les points de vue, de faire des choix et de trier nos actions par ordre de priorité. A ce moment-là, profitez-en pour vérifier ce qui est important pour vous. Et supprimez le reste, qui ne vous sert qu’à perdre du temps et de l’énergie !



7) N’hésitez pas à demander de l'aide (avant de craquer).


En situation de pression liée à la charge mentale, beaucoup de femmes n’arrivent pas à demander de l’aide à leur proche. Est-ce par culpabilité de ne pas être parfaite, honte de ne pas réussir à tout gérer elles-mêmes, N’hésitez pas à demander, en sachant y mettre les formes, souvent l’autre sera ravi de vous rendre service.


D'autre part, vous avez accès à plusieurs soutiens qui ne sont pas à négliger : la médecine du travail, l’aide d’un psychologue, les divers numéros d’écoutes (voir en bas de cet article).


Vous pouvez aussi faire appel à un coach certifié qui va vous permettre de faire le point sur ce qui vous convient et ce qui ne vous convient pas ou plus, qui vous permettra d’y voir clair dans vos fonctionnements et de choisir ce qui est important pour vous, donc de vous sentir mieux.

Choisissez ce qui vous convient le mieux pour assumer la situation plutôt que de vous enfermer dans vos difficultés, voilà une attitude qui pourra vous être très utile.





(1) https://www.regionsjob.com/actualites/chiffres-cles-infirmier.html

(2)https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide_activites_et_metiers_du_secteur_social_medico_social_et_petite_enfance_sept_2010.pdf

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